Libelle féministe…

Jean-Marc Reiser, dit Reiser, né de père inconnu et d’une mère prolétaire le 13 avril 1941 à Réhon (Meurthe-et-Moselle) et mort à Paris le 5 novembre 1983 (à 42 ans, des suites d’un cancer des os), est un dessinateur de presse et auteur de bande dessinée français connu pour ses planches à l’humour féroce.

Enfant « naturel » né durant la guerre, en butte aux préjugés que l’on sait, il eut une enfance cabossée, fut placé de 1947 à 1953 par sa mère en nourrice dans l’Orne chez des fermiers normands, abandonna ses études en 1956 et s’initia au dessin en autodidacte.

En 1960, il participa à la création du mensuel underground Hara-Kiri fondé par François Cavanna, Georges Bernier (« le professeur Choron » ») et Fred Othon Aristidès, dit Fred.

En 1966, il entra au journal Pilote où il travailla avec Gotlib, Alexis, Mézières et Mandryka.

En mai 1968, il dessina dans Action, avec Siné et Wolinski.

Après l’interdiction d’Hara-Kiri Hebdo en 1970, il collabora dès le premier numéro à Charlie Hebdo qui lui a succédé.

Tout au long de sa carrière, Reiser a également publié dans La Gueule ouverte (il s’intéressait de très près à l’écologie, particulièrement à l’énergie solaire), BD, Charlie Mensuel, Métal hurlant, L’Écho des savanes (dans ce dernier avec la collaboration de Coluche), et Le Monde (durant l’été 1978).

En 1974, il reçut le Prix Saint-Michel du meilleur dessinateur étranger à Bruxelles pour son album La Vie au grand air et en 1978 lui fut décerné le Grand prix de la ville d’Angoulême.[1]

Rappelant qu’il fut féministe avant l’heure, les Éditions Glénat publient sous le titre Reiser, l’homme qui aimait les femmes – une histoire du féminisme, une compilation de planches et de dessins de Reiser sélectionnés et présentés par son biographe, Jean-Marc Parisis, complétée de témoignages de femmes engagées comme Emma de Caunes, Nicole Garcia, Madeline Morgenstern ou Cynthia Fleury.

Les sujets abordés de manière fort percutante (et c’est parfois un euphémisme…) par Reiser sont nombreux et demeurent très actuels : la liberté sexuelle, le machisme, la maternité, la contraception, le droit à l’avortement, le viol, les violences conjugales, les difficultés pour porter plainte, le divorce, la religion, les luttes sociales, la revendication de l’égalité entre hommes et femmes…

Nihil novi sub sole, hélas…

Bernard DELCORD

Reiser, l’homme qui aimait les femmes – une histoire du féminisme, ouvrage présenté par Jean-Marc Parisis, Grenoble, Éditions Glénat, collection « Humour », octobre 2021, 237 pp. en quadrichromie au format 21,5 x 29,3 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 23 € (prix France)


[1] Source : Wikipédia.

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