Danser sur le volcan…

Intitulé All to soon[1], le premier tome (sur trois) de la série en bandes dessinées Les Zazous a paru chez Glénat à Grenoble.

Les Zazous désignait un courant de mode adopté dans le Paris des années 1940 par de jeunes gens aisés, désinvoltes et provocateurs.

Le terme de zazou fut utilisé pour la première fois en France en 1938, dans la chanson du Suisse francophone Johnny Hess (1915-1983) Je suis swing (refrain : « Je suis swing, je suis swing, zazou, zazou, zazou zazou dé »), et il provient du morceau Zah Zuh Zaz (1933) interprété par le chef d’orchestre et chanteur de jazz américain Cab Calloway (1907-1994).

Pendant l’Occupation, les zazous affichèrent une attitude « je m’en foutiste », insouciante à l’égard des drames de la guerre, et défiante à l’égard des autorités, qu’elles soient allemandes ou françaises.

Amateurs de jazz, ils faisaient montre d’une américanophilie et d’une anglophilie qui n’étaient évidemment pas de mise. Ils s’inspiraient des modes vestimentaires américaines, notamment les grands carreaux du zoot suit, avec un sens du mauvais goût étudié, tout en imitant l’élégance gourmée, l’accent et les manières des snobs anglais.

Malgré les couvre-feux, ils organisaient au Quartier latin, dans les caves du Dupont-Latin et du Capoulade, des concours de danse de style swing.

Les garçons portaient les cheveux mi-longs, gominés et bouffants sur le dessus de la tête, par opposition aux coiffures militaires que la guerre et les restrictions imposaient à presque tous les hommes, et les filles se maquillaient à outrance, portaient des jupes courtes (pour l’époque) et relevaient leurs cheveux au-dessus de leur front.

Disposant de moyens financiers importants en raison de leur milieu familial, parfois grâce au marché noir, les zazous aimaient les tenues chères et élégantes : pantalons larges, vestons longs et cintrés, chemises à col dur et montant, cravates et chaussures en cuir à grosses semelles.

Par provocation, ils portaient des vêtements trop longs à une période où le tissu était rationné.

Enfin, pour montrer qu’ils ne voulaient rien prendre au sérieux, ils mettaient un point d’honneur à être toujours équipés d’un parapluie qu’ils n’ouvraient jamais, quel que soit le temps[2].

Veste à carreaux tombante, attitude dégingandée, parapluie fermé qu’il pleuve ou qu’il vente.

Pitch de l’album :

En 1940, Paris est occupé. Les nazis instaurent en ville un climat de terreur, diffusent la haine et s’attaquent au moindre espace de liberté, allant jusqu’à interdire les soirées jazz et la mode flashy.

Fred observe la capitale qui pleure, mais ne ressent rien. C’est un réfugié espagnol, gamin des rues, et la France ne lui a jamais rien apporté. Il n’a que la survie de sa sœur en tête.

Pour l’argent, il devient indic et infiltre un groupe qu’on suspecte d’être lié à la résistance : les zazous.

Ce sont des danseurs, des musiciens, des rebelles dans l’âme qui rejettent l’autorité par amour du défi et esprit de contradiction. Au contact de ces intelligences vives et de ces passionnés extravagants, Fred va changer…

La jolie Willa n’y est certainement pas pour rien, mais c’est aussi une nouvelle famille qu’il s’est trouvé.

Pourtant, dans un tel contexte guerrier, le batifolage et la frivolité devront bientôt faire face à la cruelle réalité…

Une BD qui balance pas mal à Paris…

Bernard DELCORD

Les Zazous – All to soon par Salva Rubio et Danide, traduction de l’espagnol par Lise Gallot, Grenoble, Éditions Glénat, collection « 24 x 32 », septembre 2021, 64 pp. en quadrichromie au format 24 x 32 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 15,50 € (prix France)


[1] En référence à une œuvre musicale composée en 1940 par Duke Ellington et Don Webster.

[2] Source : Wikipédia.

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