« Sage est le père qui connaît son enfant. » (William Shakespeare)

Diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris, écrivain, historien et maître de conférences à Sciences Po, Bruno Fuligni (°1968) est l’auteur de trente livres sur l’histoire politique française et l’univers du renseignement[1].

Régent du Collège de Pataphysique, c’est aussi un grand amateur d’histoires, d’utopies et d’aventures humaines insolites.[2]

Il revient sur ce terrain avec La Fille de Napoléon (Paris, Les Arènes), le résultat d’une enquête qu’il a menée durant sept ans sur une pile de documents retrouvés dans un grenier, 95 pages de rapports de police, de témoignages d’informateurs et de lettres d’une dénommée Charlotte Chapuis qui affirme que son père n’est autre que Napoléon Bonaparte.

Ce dernier aurait, selon ses dires, rencontré sa mère, une certaine Antoinette Cattin (qui engendra 24 enfants !), lorsqu’il était sous-officier à Auxonne en Bourgogne, et il ignorerait tout de l’existence d’une fille de ses œuvres.

C’est en 1815, après la défaite de Waterloo et quand l’empereur est exilé à Sainte-Hélène, que Charlotte Chappuis commence à affirmer publiquement son identité supposée.

Le ministre de la Police générale, Fouché, redoutant un regain consécutif du bonapartisme au cas où elle aurait un jour un fils, la fait alors incarcérer, mais l’aventurière échappe à la vigilance des autorités.

Tenace, rusée, charmante, suscitant des sympathies politiques et plusieurs demandes en mariage, elle épousera Jacob Müller, un maître de forges du Jura, et sera accueillie par ses 200 ouvriers aux cris de « Vive l’empereur ! ».

Sa vie durant (elle mourut à l’âge de 84 ans après avoir donné naissance à cinq enfants), elle tenta en vain de faire valoir ses droits.

Charlotte Chappuis avec Jacob Muller et leurs enfants.
Photo collection particulière Bruno Fuligni.

Des droits défendus aujourd’hui avec un incontestable talent de conteur par un certain Bruno Fuligni !

Bernard DELCORD

La Fille de Napoléon par Bruno Fuligni, Paris, Éditions Les Arènes, février 2021, 250 pp. en noir et blanc + un cahier de 12 pp. en quadrichromie au format 13,5 x 21,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 19,90 € (prix France)


[1] Notamment Les Quinze Mille. Députés d’hier et d’aujourd’hui, Éditions Horay, 2006 ; Dans les secrets de la police : quatre siècles d’histoire, de crimes et de faits divers dans les archives de la Préfecture de police, L’Iconoclaste, 2008 ; Dans les archives inédites des services secrets. Un siècle d’histoire et d’espionnage français [1870-1989], L’Iconoclaste, 2011 ; La France rouge. Un siècle d’histoire dans les archives du PCF, Les Arènes, 2011 ; Secrets d’État. Les grands dossiers du ministère de l’Intérieur [1870-1945], L’Iconoclaste, 2014 ; Souvenirs de police. La France des faits divers et du crime vue par des policiers [1800-1939], Robert Laffont, collection « Bouquins », 2016)

[2] Parmi lesquelles L’Île à éclipses : Histoire des apparitions et disparitions d’une terre française en Méditerranée, Les Éditions de Paris, 2003 ; Petit dictionnaire des injures politiques, L’Éditeur, 2011 ; Raccourcis. Dernières paroles stupéfiantes et véridiques avant la guillotine, Les Éditions Prisma, 2015 ; Les Gastronomes de l’extrême, Les Éditions du Trésor, 2015 ; Histoire amusée des promesses électorales. 1848-2017, Tallandier, 2017 ; Atlas des zones extraterrestres, Arthaud, 2017 ; Les guerres stupides de l’histoire, Les Arènes, 2019).

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